Mise en perspective
Paul Otlet, un héritier directe des encyclopédistes
Au 18ème siècles les encyclopédistes que sont Diderot et d'Alembert estiment qu'il est alors essentiel que l'humanité regroupe tout les savoirs qu'elle possède pour les résumer dans une collection : l'encyclopédie. Le but ici est de rendre le savoir universel et disponible au plus grand nombre.
Comme le dit Robert Estivals (Professeur de l'université de Bordeaux) dans son article « Paul Otlet dans l'histoire de la bibliologie »
, Paule Otlet ne se limite plus au savoir universel des encyclopédistes mais « fait place à la volonté de l'écrit universel »
. Son objectif s'inscrit donc dans la parfaite lignée des encyclopédistes puisqu'il souhaite non plus rendre un résumé du savoir disponible à tous mais le savoir dans sa globalité.
Robert Estivals nous précise de plus que Paul Otlet fût « le dernier théoricien et praticien de l'encyclopédisme »
.
La bibliologie doit-elle réellement avoir une telle importance ?
Paul Otlet accorde une importance compréhensible à la science qu'il décrit puisqu'il en est le fondateur. Mais il est toutefois nécessaire de nuancer certains de ses propos. Otlet nous explique par exemple qu'il est temps que la bibliographie soit fondée de la même manière que Darwin fonda la biologie. Même si la bibliologie peut être considérée comme une science fondatrice des sciences de la gestion de l'information elle n'a pas créé, en tant que tel, de révolution comme l'a pu être la théorie de Darwin en son temps.
De plus Paul Otlet considère qu'il est absolument nécessaire que la bibliologie soit enseignée dans toutes les branches de l'éducation supérieure. Bien que l'enseignement de cette science est tout à fait honorable il parait utopique de vouloir en faire un cours obligatoire peu importe la discipline et la branche de l'enseignement.
Qu'a apporté la bibliologie ?
Bien que le discours de Paul Otlet ait parfois un écho utopique, il définit un grand nombre de concepts qui seront appliqués plus tard. On peut par exemple citer les différentes statistiques du document qu'il énumère et qui deviendront plus tard des éléments très important de la classification de l'information.
En plus de ces concepts précis Paul Otlet imagine comment l'information devrait être partagée entre les différentes bibliothèques, les différentes universités, les différentes institutions. Cette idée visionnaire ressemble étrangement aux premiers pas d'internet qu'il décrirait ici sans le savoir encore. Robert Estivals nous confirme cette ressemblance en estimant que Paul Otlet est « le premier précurseur des Sciences de l'Information et de la Communication »
.





